Au-dessus de la ville, il joue.
A l'entrée du château, alors que tous les touristes sont redescendus à l'heure du dîner, dans l'heure rouge qui teinte les visages, les murs, le fleuve tout en bas, il joue.
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portait
Je vais parfois dîner chez elle, tout en haut d'un immeuble haussmanien du neuvième arrondissement, dans le Paris des larges avenues mais dans une rue étroite à sens unique et pavées de menus pavés d'un gris presque noir. Le digicode ouvre un passage dans l'ancienne porte cochère monumentale…
J'ai des mains d'ouvrière
Des mains carrées, larges
J'ai des mains qui trahissent mon histoire
Gueulent tout haut la place qu'ils voulaient pour moi
Ils ont tout essayé. Les peaux de banane séchées, les coquelicots en tisane, les pilules au pilon. Tout. Mais ça n'a pas fonctionné. Ils y reviennent encore.
C'est elle qui y va.
Les pieds nus sur le parquet sale, la poussière en moutons entre les orteils.
Marie-Jeanne.
Elle arrivait chaque hiver par le sentier qui serpente entre les pins, sa besace pleine de mots. On la voyait venir de loin, ses lettres noires parsemées sur la neige.
Les hirondelles sont parties, elle a dit. On était encore en août alors elle a insisté, Je les ai vues ce matin sur le fil. On est allées à la fenêtre, le fil électrique un trait sur l'horizon, vide d'oiseaux.
J'ai cet ami, B., barbu avec des lunettes rondes, un chic type du reste, qui m'a dit l'autre jour en parlant de son travail: "à partir de maintenant je ne serai plus que président des grands projets internationaux menés par la France".
On était en terasse, le soleil se reflétait dans mon verre, et je l'ai, je crois, regardé avec mon regard du dimanche, celui qui convient aux discussions de vacances et de cuisine, gai et plat.
On l'a appelé Pim.
Pim parce que c'est ce qu'il disait à chaque fois que Laura tombait.
Et Laura tombait souvent.
Déséquilibre émotionnel en diagnostic. Et c'était bien cela: un effondrement dans les émotions.
Elle marchait sur un fil, Laura, et pim! dans la boue de la peur, et pim! dans les marécages du doute. Il fallait l'aider. Et c'était Pim qui s'y collait.
Je suis fille, petite-fille et arrière-petite-fille de coiffeurs.
Pourtant, je ne sais pas coiffer. Mais je sais écrire!
Alors pour fêter les 85 ans du salon de coiffure familial et le centenaire de la pratique du métier au sein de la famille, j'ai répondu avec joie à la demande paternelle: j'ai écrit un texte!
C'est celui-ci que je partage ici avec vous et que vous trouverez également à Strasbourg, dans le salon du début de la rue de l'Yser.
Dans le matin vide, l'agitation a lieu derrière les murs des maisons: les parents se pressent en pressant les enfants qui grignotent doucement des céréales déjà ramollis dans du lait déjà teinté.
- Tu vas être en retard à l'école. Allez! Plus vite!
Et le gamin ne prend même plus la peine de répondre.